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Le portage a de nombreux avantages pour l'enfant tant au niveau physique que psychologique.

 

Température idéale

Avant deux mois le bébé ne parvient pas à réguler sa température corporelle. Lorsqu'il est porté, il se trouve contre le porteur à une température idéale. Même en cas de canicule le corps du porteur est aux environs de 37°C. C'est d'ailleurs pour cette raison que les bébés touaregs sont portés dans les djellabas de leurs mères : la température est de 40°C à l'ombre. Le bébé souffrirait de déshydratation s'il n'était pas au frais contre sa mère.


Contact corporel permanent


L'enfant à besoin de contacts charnels pour la maturation adéquate de son système nerveux. De plus il a l'odeur de sa maman ou de son papa. Il entend les battements du cœur de sa mère, cela l'apaise et lui rappelle son environnement intra-utérin. Il perçoit aussi les vibrations quand son porteur parle, chante, rit.


Besoins mieux perçus

Dès que l'enfant a faim, sa mère décode sa demande rapidement et le nourrit sans qu'il ait eu à pleurer. L'allaitement maternel ou avec un biberon peut se faire avec l'écharpe, en toute discrétion et pour le confort de maman et bébé. De même lorsque l'enfant souille son lange, sa maman le remarque tout de suite et peut le changer sans attendre.


Participation à la vie familiale

L'enfant partage facilement son parent avec d'autres car ils forment une unité. Il sent quand sa maman réconforte et câline son aîné, il regarde les livres d'images qu'elle lit à sa sœur. Il participe aux expériences joyeuses ou décevantes de sa mère ou de son père, de ses frères et sœurs. L'enfant ne doit pas s'épuiser à essayer d'attirer l'attention pour satisfaire son besoin de communication. Placé contre son parent, la communication s'installe d'elle-même.


Stimulation motrice

L'enfant porté bouge avec son porteur, il participe au portage en utilisant sa musculature. La plupart du temps l'enfant est actif ; il participe au portage en s'accrochant au corps de son porteur, surtout avec ses cuisses relevées et écartées.
La stimulation du système vestibulaire (situé derrière chaque tympan) organise le bébé dans ses mouvements et sa perception du monde. L'enfant développe précocement son sens de l'équilibre et tous les aspect de sa psychomotricité. De plus le tissu de l'écharpe n'entrave pas ses mouvements, il peut bouger comme il le souhaite. Tout cela amène l'enfant à prendre conscience de son corps plus rapidement et à marcher plus tôt que les enfants non portés.

« Grâce aux mouvements de la mère sont stimulés non seulement l'ensemble des récepteurs de l'épiderme mais aussi les organes moteurs et équilibreurs. Les réflexes nerveux et musculaires du bébé réagissent à chaque changement de l'équilibre. »[1]


Sécurité physique et psychologique

L'enfant est à l'abri des agressions qui l'entourent. Agressions physiques comme le bruit, le froid... et agressions psychologiques comme l'approche d'étrangers. L'enfant est protégé en se blotissant contre son parent. « Le contact visuel et corporel intensif avec la mère ou le père (qui, lui aussi, devrait porter de temps en temps son enfant) crée un sentiment de sécurité, dont l'effet psychologique est d'une valeur inestimable. »[2]


Moins de pleurs

L'enfant porté crie et pleure beaucoup moins qu'un enfant non porté. Les bébés portés n'ont pas d'épisodes de pleurs incoercibles le soir à l'approche de la nuit. Cela a été prouvé par des études anthropologiques, notamment celle parue dans Pediatrics en 1996. Sur cent enfants observés, le portage réduisait les pleurs et l'agitation de 43% le jour et de 51% la nuit.

Le bébé se sentant protégé, en sécurité, aimé, objet de soins et d'attentions, n'a pas besoin de pleurer pour se faire comprendre de son parent. Du coup, le bébé économise son énergie et peut la consacrer à son développement. « Les pleurs d'un enfant sont, du point de vue biologique, sa manière d'émettre, tout comme le petit marsupial, un signal d'alarme acoustique lorsqu'il a perdu le contact avec sa mère, la personne qui le protège... »[3]


Sommeil facile, au bon moment

Image « Savoir s'endormir quand on est fatigué, dormir aussi longtemps que l'organisme en a besoin pour reconstituer ses « réserves », et s'éveiller frais et dispos pour repartir dans une journée nouvelle, des activités nouvelles, est la base de tous les autres équilibres. Le sommeil a une raison d'être, il est d'une extrême importance pour la croissance d'un enfant et pour sa construction cérébrale ».[4]

Bien porté, l'enfant trouve les positions confortables adaptées à un bon sommeil. Il dort dès qu'il en a besoin et tant qu'il en a besoin ! La stimulation du système vestibulaire limite les phases de sommeil profond propices aux pauses respiratoires et favorise un sommeil équilibré pendant et après le portage.

Les enfants portés ne sont pas atteints de troubles du sommeil, si fréquents à notre époque. Ces troubles apparaissent suite au comportement inapproprié des parents qui laissent l'enfant seul avec ses peurs pendant toute la nuit. Ces troubles seraient également dus à la méconnaissance de l'importance du sommeil, de ses rythmes et de ses particularités, de son évolution au cours des premiers mois. Dans tous les cas il faut respecter le rythme du bébé et ne JAMAIS lui donner de médicaments sédatifs ou hypnotiques. « L'équilibre des rythmes biologiques doit venir de l'intérieur, au fur et à mesure qu'avance sa construction cérébrale ».[5] « La capacité du nourrisson de continuer à dormir profondément en dépit de forts secouements et d'un entourage bruyant prouve l'effet rassurant des changements de position qui signalent la présence de la personne qui prend soin de lui. »[6]


Meilleure digestion


Le système digestif est très influencé par l'état psychologique. Le bébé porté étant moins stressé, il digère mieux. De plus, la position verticale de l'enfant participe à la bonne digestion, favorise les rots et diminue les reflux. Le massage de l'abdomen diminue les coliques du nourrisson et facilite le transit intestinal. E. Bonnet, pédiatre, écrit que le massage des points d'acupuncture agissant sur la digestion et le sommeil sont automatiquement massés.


Confiance

La maman garde ses mains libres pour cuisiner, écrire, lire, jouer,... Le bébé se sent bien et son besoin d'attention est quasiment comblé. Il ne cherche pas constamment la sécurité des bras car les bras sont là. En fait la maman doit moins s'occuper de son bébé ; il lui suffit d'être là !


Possibilité de s'isoler du monde au besoin

Lorsque l'enfant a été suffisamment stimulé par l'environnement, il s'endort, bercé par le balancement du corps de son porteur pour se couper du monde et assimiler ses découvertes. L'enfant gère seul ce processus.


Bonne humeur

Comme le portage répond à ses besoins psycho-affectifs, l'enfant profite de la vie avec son parent qui le rend heureux. Il entend ses rires, sa voix, ses chansons, ses soupirs, ses pleurs, sa respiration et son cœur qui bat. Tout cela contribue à éveiller l'enfant à la vie. Les bébés portés sont plus calmes, ils se développent plus harmonieusement, dorment mieux, pleurent moins, sourient beaucoup et sont plus éveillés.


La colonne vertébrale se redresse progressivement

Le fœtus a passé neuf mois dans l'utérus, la colonne vertébrale arrondie. Il dispose d'une année pour se redresser afin de pouvoir marcher. Le nouveau-né se sent mieux et dort mieux si on garde sa colonne vertébrale courbée pendant toute la période d'adaptation. Porter un bébé favorise le développement de sa colonne vertébrale. Celle-ci se déroule progressivement : l'enfant aime se blottir en boule sur le ventre de sa mère, puis, au fil des semaines et des mois, il s'allonge jusqu'à tenir sa tête, se tenir assis et enfin debout.

En conservant le dos du bébé arrondi, on respecte cette étape de son développement. Son système nerveux dispose des conditions et du temps nécessaire pour bien se développer. De même les disques intervertébraux s'adaptent mieux.

Lorsque le bébé est couché à plat, sa colonne vertébrale est déroulée et étirée : il n'est pas à l'aise. Mal porté, l'enfant risque de souffrir plus tard de maux de dos, de déplacements de vertèbres ou de glissements de disques. Par contre, bien installé dans un bon porte-bébé en tissu, son dos entouré et soutenu uniformément est protégé et se forme harmonieusement.

Les courbures en « S » de la colonne vertébrale s'acquièrent avec le temps. D'abord l'enfant lève la tête et tend le cou pour regarder autour de lui. Puis, il relève le tronc, commence à s'asseoir, puis à ramper. Les muscles du dos travaillent de plus en plus jusqu'à ce qu'il puisse tenir le dos bien droit. Enfin, il se tient debout et commence à marcher. Le bassin bascule vers l'arrière et la double courbure du dos se forme alors.


La vision s'adapte correctement


L'œil de l'enfant n'ait mature qu'à deux ans. Un nouveau-né focalise à environ 19 centimètres. La distance entre la tête du porteur et le bébé est d'environ 20 centimètres, c'est la distance idéale qui permet au bébé de visualiser le visage de son porteur dès les premiers jours, quand sa vue n'est pas encore complètement développée. Entre un et trois mois, il commence à voir de plus en plus loin. Le développement de la vision suit celui de la colonne vertébrale. Au départ le nourrisson est totalement enveloppé : la vision n'a qu'une importance relative, ses besoins étant satisfaits par le contact proche avec ses parents. Ensuite, sa curiosité s'éveille envers son univers proche, immédiat puis éloigné. Le bébé porté découvre son environnement de haut comme un adulte, il observe, regarde. « Le bébé voit mieux son entourage. Ainsi, le cerveau infantile reçoit plus d'impressions ce qui stimule davantage son cerveau et, par là, son développement. »[7]

Cependant, des chercheurs ont remarqué que des enfants africains portés trop longtemps contre le dos et de façon trop serrée présentaient certains troubles visuels et moteurs à cause du manque de stimulation visuelles, tactiles et motrices. Des carences importantes se manifestent alors au cours du développement ultérieur.
Le portage comble le besoin que tout être humain a de communiquer avec ses semblables. L'enfant n'est pas cantonné à une relation exclusive avec sa maman et son papa. Il est à hauteur d'homme, il participe aux activités familiales, il regarde autour de lui, il est regardé, il s'exprime, il bouge, fait des gestes ... en un mot il communique. Ces échanges relationnels sont décryptés par la maman et l'entourage. Chacun s'enrichit de l'interaction qu'ils vivent ensemble.

 

[1, 2,7] Extrait d'un article rédigé par Prof. Dr. Ernst J. Kiphard,
Institut de recherche de l'éducation physique et sportive de l'Université de Francfort

[3] Prof. Dr. Bernhard Hassenstein,
spécialiste de la biologie du comportement, Université de Freiburg
[4,5] Les compétences du nouveau-né du Dr Marie Thirion
[6] Extrait de la thèse de doctorat préparé par Dr. Evelin Kirkilionis,
Université de Freiburg

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