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La réalité sur le sommeil physiologique des bébés

Dans 95 % des cultures humaines, le bébé, le bambin, et l'enfant dort sur la même couche que ses parents. Seules les cultures occidentales modernes dénigrent ce comportement pourtant naturel, excessivement répandu sur la planète et ancestral. En France même, jusqu'à la fin du moyen-âge, toute la famille dormait dans le même lit et, deux générations en arrière seulement, dans nos campagnes, tous partageaient au moins la même pièce. L'avènement du confort, du chauffage des différentes pièces d'une maison provoquèrent l'arrivée des chambres individuelles et des lits séparés.

Pourtant nos bébés, à l'image de tous leurs congénères, se réveillent une ou plusieurs fois par nuit, de longs mois durant. Leurs cycles de sommeil sont bien plus courts que ceux de l'adulte : 50 minutes, contre 90. Le nombre d'enfants qui commencent à se réveiller la nuit augmente après 9 mois et est à son maximum dans la deuxième année. La plus récente étude sur le sommeil des enfants, menée à Lyon sur 147 enfants de moins de 18 mois, a montré que 65% d'entre eux se sont réveillé la nuit et ont gardé les yeux ouverts pendant plus de 20 minutes.
En 1990, une étude finlandaise portant sur 270 bébés âgés de 0 à 12 mois, avaient donné les résultats suivants :
- jusqu'à 3 mois, les bébés dormaient un total de 15 h en moyenne (fourchette de 12 à 20 h), 90 % se réveillaient au moins une ou deux fois par nuit,
- de 3 à 5 mois, près des trois-quarts se réveillaient une ou deux fois,
- de 6 à 8 mois, les deux-tiers se réveillaient une ou deux fois,
- de 9 à 12 mois, 47 % se réveillaient une ou deux fois.

 

 

Le sommeil partagé, une pratique désavouée

Il est donc normal pour le bébé de se réveiller la nuit. Mais dans notre pays, cela est tabou et le (non-)sommeil des enfants est aujourd'hui très souvent présenté comme un problème. Un enfant "qui fait ses nuits" fait la fierté de ses parents qui croient avoir commencé là leur rôle d'éducateur. C'est pourquoi nombreuses sont les familles qui taisent à leur entourage les réveils nocturnes de leur enfant, de peur de passer pour de mauvais parents. Et rares sont ceux qui révèlent leur recours au sommeil partagé (une étude récente menée en Australie constatait qu'environ 80% des enfants de moins de 24 semaines passaient au moins une partie de la nuit dans le lit de leurs parents). Cette pratique est pourtant la meilleure manière de préserver le sommeil de tous les membres de la famille. N'ayant ni à se lever, ni à allumer la lumière, les parents comme le bébé se rendorment plus facilement et plus vite, à condition, bien entendu, que la mère allaite.

Le mur du silence autour de cette pratique commence à s'effondrer. En juillet dernier, le magazine Psychologies titre : "Le nouveau débat : dormir ou pas avec ses enfants ?". Des parents y parlent de leur expérience. Un psychanalyste et un psychiatre y donnent leurs avis divergents. En novembre, Top Famille Magazine titre : "Le lit des parents est-il encore tabou ?", citant Michel Dugnat, pédopsychiatre, qui reconnaît avec bon sens: "On a peut-être trop généralisé à toutes les familles les problèmes particuliers de certaines d'entre elles, dont la présence de l'enfant dans le lit des parents était l'un des symptômes". Puis c'est Enfant Magazine qui donne les résultats d'un sondage. A la question "prenez-vous votre enfant dans votre lit, lorsqu'il pleure la nuit ?", 40% répondent "oui" et 14 % "de temps en temps". Et la psychologue Anne Bacus de commenter : "Si dormir à trois permet à tout le monde de récupérer pendant une période un peu turbulente - et que cela ne gêne pas l'intimité du couple - pourquoi s'en priver ?". Mais Parents de décembre est là pour dénoncer "l'impact négatif de certaines attitudes des parents au moment du coucher ou lors des réveils nocturnes" et donner "la liste de ces mauvaises habitudes et les conseils des médecins pour redresser la barre" : ne pas endormir bébé ailleurs que dans son lit, ne pas le prendre dans le lit des parents en cas de réveil nocturne, ne pas attendre qu'il s'endorme pour quitter la chambre, etc.

C'est parce que le corps médical occidental a estimé, à compter de l'époque hygiéniste, qu'il fallait avoir le moins de contacts physiques avec les nourrissons, les porter le moins possible, ne plus les bercer, et bien sûr ne pas les prendre dans son lit la nuit. Il y a aussi la crainte (instituée par l'église au siècle dernier) qu'on risquait d'écraser son bébé si on le prend dans son lit. Cette crainte, et les recommandations de l'église qui en ont découlées, étaient en fait liée au nombre important d'infanticides déguisés en accidents qui survenaient dans les familles misérables où une bouche supplémentaire représentait une charge insupportable pour des parents qui mourraient déjà de faim. Certes, on peut étouffer son bébé si l'on a consommé de l'alcool ou des sédatifs, mais si l'on est sous l'emprise d'aucune substance perturbant la qualité du sommeil, on n'étouffera pas plus son enfant qu'on ne tombera de son lit. Dès son réveil, l'enfant cherchera et trouvera rapidement le contact chaleureux d'un corps et le sein de sa mère qui n'a qu'un mouvement à faire pour l'aider. Très souvent la mère se rendormira avant son enfant et ne se souviendra pas à son réveil s'il a tété ou non.

 

Le sommeil partagé, un intérêt ... partagé

De nombreuses études suggèrent que le risque de Mort Subite du Nourrisson (MSN) est diminué par le sommeil partagé. En effet, en cas de co-sleeping, il y a plus de phases de sommeil léger (phases 1 et 2) et plus de réveils pour le bébé, plus de réveils simultanés mère/enfant, une augmentation du nombre et de la durée des tétées nocturnes, beaucoup plus de contacts physiques mère/enfant, quatre fois plus d'"inspections maternelles" (toutes les fois où la mère, sans même s'en rendre compte ni se réveiller, vérifie que l'enfant va bien, n'a pas froid ou chaud, remet une couverture ou l'enlève, etc.). Comme l'écrit McKenna, "cette façon de dormir permet à la mère (et au père) de réagir rapidement si l'enfant pleure, s'il s'étouffe ou encore s'il a besoin qu'on lui dégage les voies nasales, qu'on le rafraîchisse, qu'on le caresse, qu'on le berce ou qu'on le prenne dans les bras. Cela contribue à régulariser la respiration de l'enfant, son sommeil, ses modes d'éveil, son rythme cardiaque et sa température".

L'allaitement maternel est grandement facilité par le sommeil partagé, puisque l'enfant tète trois fois plus que s'il dort seul, prenant ainsi une grande part de sa ration durant la nuit. Cela joue un rôle très important dans le maintien de l'infertilité maternelle par l'allaitement (ou MAMA : Méthode d'Allaitement Maternel et Aménorrhée) puisque l'allaitement doit être mené à la demande, y compris la nuit, pour que celle-ci soit efficace.

En grandissant l'enfant qui a bénéficié du sommeil partagé, acquiert peu à peu une sécurité majeure face à la nuit et au sommeil, et aux peurs qu'ils engendrent souvent chez d'autres enfants. ll choisira alors d'avoir sa propre chambre ou de partager celle d'un ainé, à un âge où il aura envie de cette autonomie, avec un risque de troubles du sommeil ultérieurs quasi nul, y compris à l'âge adulte.

Quant au besoin d'intimité du couple, elle peut être tout à fait conservée à condition de changer un peu ses habitudes (de lieu ou de moment), ce qui peut très bien contribuer à un renouvellement heureux de la vie sexuelle.

 

Des effets du dressage au sommeil solitaire

Le parallèle me semble évident entre le pourcentage élevé d'adultes qui, en France, souffrent de troubles d'endormissement et/ou de troubles du sommeil, les obligeant à recourir à l'emploi de sédatifs, somnifères et autres hypnotiques, et l'approche culturelle du sommeil des bébés qui est la nôtre. Depuis plusieurs générations déjà, nous obligeons nos enfants non seulement à dormir seuls, mais aussi bien souvent à s'endormir seuls (avec l'aide de doudous, lampes musicales et autres mobiles par exemple), et exigeons d'eux qu'ils ne nous réveillent pas la nuit lorsqu'eux se réveillent (comme s'ils le faisaient exprès pour nous être désagréables), quitte à le leur faire comprendre en restant indifférent à leurs pleurs... Que peut ressentir un bébé dont les pleurs sont ignorés ? L'abandon sans doute, ce qui est justement sa plus grande peur à cet âge. Il semble que nombre d'entre nous aient préféré enfouir très profondément le traumatisme engendré par un tel vécu pour être aussi incapable de le re(-)ssentir une fois devenu parent...

 

Je vous invite également à visionner cette vidéo sur le site de graine de Curieux


Vidéo sur le co dodo

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